
L’Agence Régionale de Santé Bretagne a publié le 5 décembre 2025 sur son site une page d’information complète sur le radon, gaz radioactif naturel qui expose une large part de la population bretonne à un risque sanitaire. Pour les propriétaires ainsi que les futurs acquéreurs ou locataires de biens immobiliers dans la région, comprendre cette problématique est essentiel. Rappelons que la présence de gaz radon à des fortes concentrations figure parmi les risques à signaler dans l’état des risques lors de la vente ou de la location de biens immobiliers.
Radon dans l’état des risques : un risque sanitaire invisible très présent en région Bretagne
En Bretagne, la présence de radon représente un enjeu important en matière de santé publique. Ce gaz radioactif issu de la désintégration naturelle de l’uranium présent dans les sols granitiques s’infiltre depuis le sous-sol vers les espaces clos où il peut atteindre des concentrations très dangereuses pour la santé des occupants des bâtiments. La région Bretagne se trouve particulièrement exposée en raison de la composition géologique de son territoire. Ainsi, pas moins de 82 % des habitants de cette région résident dans une zone classée à potentiel radon significatif.
Les répercussions de la présence de radon sur la santé des personnes sont loin d’être négligeables. L’Institut de Veille Sanitaire estime que 20 % des cancers du poumon diagnostiqués en Bretagne seraient liés à l’exposition au radon, ce qui place ce gaz comme la deuxième cause de mortalité par cancer pulmonaire après le tabagisme. Le danger s’amplifie considérablement pour les fumeurs. L’association tabac-radon multiplie par plus de vingt le risque de développer un cancer du poumon. Malgré ces données alarmantes, 40 % des habitants de la région Bretagne déclarent n’avoir jamais entendu parler de ce polluant.
Immobilier et radon : des obligations et des solutions pratiques pour les propriétaires
La répartition géographique du risque radon en Bretagne révèle l’ampleur de ce risque sanitaire majeur. Sur les quatre départements bretons, on dénombre 950 communes classées en zone 3 (potentiel radon significatif), soit la très grande majorité du territoire. Le département des Côtes-d’Armor compte 274 communes en zone 3, le Finistère 246, l’Ille-et-Vilaine 224 et le Morbihan 206. Cette classification impose certaines contraintes aux propriétaires immobiliers.
Pour les vendeurs et les bailleurs de biens situés en zone 3, l’obligation d’information sur les risques constitue un point d’attention important. Dans le cadre de la réalisation d’un état des risques, diagnostic obligatoire lors d’une transaction immobilière de vente ou de location, l’acquéreur ou le locataire doit être informé de l’existence du risque radon ainsi que des moyens de protection disponibles. Cette démarche s’inscrit dans une logique de transparence et de prévention.
Les propriétaires d’établissements recevant du public (ERP) font aussi face à des obligations renforcées depuis juillet 2018 : réalisation de mesures de concentration tous les dix ans par un organisme agréé, affichage des résultats et mise en œuvre de mesures correctives si le seuil de 300 becquerels par mètre cube d’air est dépassé. Pour les particuliers, il s’agit de faire réaliser une mesure simple et peu coûteuse pendant deux mois durant la période de chauffage. Si les concentrations mesurées dépassent la valeur limite, des gestes simples permettent généralement de réduire l’exposition : aération quotidienne d’au moins dix minutes, entretien des systèmes de ventilation et amélioration de l’étanchéité du bâtiment. Des aides financières de l’Agence nationale de l’habitat (Anah) peuvent accompagner les travaux plus importants.
Une chose est sûre. L’information et la prévention constituent les meilleures armes face à ce risque sanitaire avéré mais encore largement méconnu. Les diagnostiqueurs immobiliers, via l’état des risques, jouent un rôle essentiel en matière de sensibilisation. Ils accompagnent les propriétaires vendeurs et bailleurs ainsi que les acquéreurs et les locataires dans la compréhension des enjeux liés au radon sur le territoire breton.